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Ismaïla Manga
Né le 08 Août 1957 à Kamoya

Formation
1977-1982 Ecole nationale des Arts du Sénégal

 L’œuvre d’Ismaïla Manga, figure dans des collections autant publiques que privées, au Sénégal, en Europe, aux Etats Unies, au Canada  et en Amérique du sud.

Expositions individuelles
2007 Kamoya, Galerie L.S.Senghor, village des Arts de Dakar
2004 Ambassade du Canada (DAK’ART) 2004
2000 Les chants de tolérance, Galerie L’Observatoire IV, Montréal, PQ, Canada
Galerie de L’imagier  Aylmer; Hull Ottawa, Canada
1999 Le Cantique des cantiques, Artothèque de Montréal
1998 Centre international d’art contemporain de Montréal (CIAC)
1995 Galerie Stornaway, Montréal
1993 Galerie Stornaway, Montréal
1987 Galerie Nuestrasse, Saarbrücken, Allemagne

 

Expositions collectives
2007  Galerie Nationale
2006  Semaine culturelle Sénégalaise à Paris
2003  Salon National des Arts plastiques, Galerie Nationale
1999
  • Shédiac, Moncton, Nouveau-Brunswick, Canada
  • Symposium des Arts Plastiques, Havre-haubert Iles de la Madeleine, PQ Canada
  • Caraquet en couleurs, Nouveau-Brunswick, Canada
  • La quête de l’eau Biosphère de Montréal, Canada
  • Afrique en fête Centre d’exposition l’Imagier Hull Ottawa, Canada
  • Galerie Espace 131 Montréal Canada
  • Art et fétichisme, 2éme édition, Artothèque de Montréal
  • Art et fétichisme, 1ére édition, Artothèque de Montréal
  • BOREART, Granby, Canada
  • Biennale de l’art contemporain Africain, DAK’ART
  • UNESCO, Paris
1995 Les salles du Gésu, Montréal
Artothèque de Montréal
1994 Centre des métiers d’Arts Africains de Montréal
1992 Art contemporain du Sénégal, Bonn
1991 Centre d’Art Saydie Bronfman, Montréal
Tour de Bourse de Montréal
1990 Art contemporain du Sénégal, Musée royal de Tervuren, Belgique
Art contemporain du Sénégal, Arche de la fraternité, Paris
1989 Mois de l’histoire des noirs, Centre d’Art Saydie Bronfman, Montréal
Quatrième Salon d’Art Plastique de l’ANAPS, Musée de l’IFAN, Dakar
1988 Troisième Salon d’Arts Plastiques de l’ANAPS, Galerie Nationale, Dakar
Centre d’art de Baie Saint-Paul, PQ Canada
1987

Art contemporain sénégalais, Stuttgart, Allemagne
« Kunst auf dem Sénégal », Saarbrücken, Allemagne
Collections privées du Sénégal, Musée dynamique de Dakar
Symposium de la jeune peinture au Canada, Baie Saint-Paul, PQ

1986 Art contre apartheid, deuxième salon d’Arts Plastiques de l’ANAPS,
Musée Dynamique de Dakar 
Semaine culturelle sénégalaise, Kinshasa, RDC, ex Zaïre
Expo 86, Vancouver, Canada
1985 Premier Salon d’Arts Plastiques de l’ANAPS, Musée Dynamique de Dakar
Semaine culturelle sénégalaise au Maroc, Rabat
Galerie 88 Casablanca, Maroc
1984 Centre culturel de Bopp Dakar
Galerie 88 Casablanca, Maroc
1983 Expressions nouvelles de la peinture sénégalaise, Lorient, France
Rencontre artistes-public, « TENQ », Village des Arts, Dakar
1982 Rencontre artistes-public, « TENQ », Village des Arts, Dakar
Goethe institut de Dakar
1981 Rencontre artistes-public, « TENQ », Village des Arts, Dakar
Centre culturel Soviétique de Dakar

Kamoya

Kamoya est le village qui m’a vu naître.
Kamoya est le village où mes yeux se sont
Dessillés au grand voyage qu’est la vie.
Kamoya est l’aboutissement logique des Carnets de voyage.
Du voyage je retiens ces mots :
«  Le voyage dessille les yeux, mais qui part con revient con.»

                Les Carnets de voyage, est un concept né d’un voyage entrepris à mon retour définitif au pays, après un séjour de treize années au Canada, plus précisément à Montréal dans la province du Québec.
Avec des amis cinéastes, je partis à travers le Sahel de l’océan Atlantique ; de Dakar à Diapaga au Burkina Faso, presque à la frontière occidentale du Niger; dans l’ancien royaume du Gourma vassal des Askia et de l’empire mossi. Par le train, la route, et les pistes en passant par les villes et villages du mythique empire du Mali, du royaume de Ségou,en somme, des mythiques empires et royaumes de la boucle du Niger.
Le but ?... Replonger dans cette Afrique, longtemps idéalisée, pendant ce long séjour hors d’elle. Malgré les superbes arnaques aux frontières laissées par la colonisation  et  à l’intérieur des pays traversés. Nombre d’images et de mots me restent dans la mémoire, sur pellicule photographique et en images numériques. Des images et des mots qui ne peuvent en aucun cas rendre  justice à ce que je ressentis en ces moments là.
Comble de tout ; un dilemme presque insoluble se posa à moi, à mon retour. En plasticien, comment rendre sur toile, la relation quasi fusionnelle qui fut mienne à ces moments là, liée à l’histoire et à la géographie.
Ces immenses étendues où règnent les épineux, si bien qu’un grand arbre prend, des proportions grandioses à la limite du fantastique.
Comment rendre cette profonde émotion à la fois contradictoire et exaltante en rapport avec les habitants de cette immensité, Musulmans, Chrétiens, Animistes d’ethnies différentes ; fascinés par l’occident tout en restant profondément Africains, me reviennent les mots d’un ami gourmantché de Fada Ngourma ; ces géomanciens joueurs de sable comme ils se prénomment réputés dans la zone «  Nous sommes 85% musulman, 10% chrétien, 5% animiste et 100% animiste.»
Comment rendre tout ça ?
Et comme disait l’autre, il fallait laisser au temps de tout décanter et tout mettre en place ; Notre relation au temps s’imposa à moi d’emblé.
A propos de temps
Il y a un temps pour tout dans ce bas monde
Il y a un temps pour naître un temps pour mourir
Un temps pour aimer un temps pour haïr
Un temps pour semer un temps pour récolter
Un temps pour comprendre…………
Dis l’ecclésiaste 
Notre relation au temps, cette notion aussi relative que les différentes cultures qui font l’humanité ; elle trouve sa justification dans la ronde des jours  et des nuits depuis l’aube des temps.
.               Nous sommes censés être une civilisation de l’oralité, donc de la parole. Dans ce contexte les mots deviennent symboles, et, dans l’oralité elle prend toute sa dimension. Dans des circonstances particulières, elle peut être une arme de guerre ou de paix, de foie ou d’amour, etc.
La parole est aussi porteuse de rêves, de l’histoire et de légendes ; elle est au cœur de la vie. La légende naît de l’histoire. Aussi bien la légende que l’histoire n’a de sens à mon avis que dans la succession des jours du « temps » en somme.
La légende, vu sa structure permet d’ancrer le rêve dans la réalité, de s’identifier puisqu’elle porte la plupart du temps les mythes fondateurs, donc d’identité.
Dans la légende le temps est un continuum; atemporel et élastique, les repères indiciels ne sont plus même, ex : l’histoire de Soundjata Keita  dont l’empire nous a légué le plus vieux code civil ; le cousinage à plaisanterie. Cette  histoire, hormis les faits, est emmaillée de fantastique du au lyrisme des griots et du temps. Elle relève de la légende que l’histoire tout court.

Fort de cette expérience, j’essaye de m’exprimer le plus simplement du monde. Ma création n’est qu’une recherche d’absolu au gré de mes pérégrinations (voyages)  au-delà des apparences pour atteindre l’essentiel qui procède de l’intériorité des êtres et des choses.
Si l’art à un sens c’est dans sa capacité d’exprimer la « vérité » d’un humain, d’une société, d’une époque dont nous sommes tributaire ; indépendamment des pressions de la mode.
Toute image combat la mort puisque perdure en elle la mémoire de ce qui a disparu, d’abord celle des ancêtres. D’autre part, toute dénégation de la mort affaiblit la vitalité de notre vit mentale. Les mythes, les signes et les symboles me permettent d’établir au possible ce qui me semble être l’essentiel de notre humanité, la temporalité.
Les images photographiques, quoiqu’une image est un instant d’éternité, autant que les êtres et les choses subissent la loi du temps. Elles vieillissent, jaunissent et s’estompent. Celles de la mémoire aussi vieillissent et s’estompent avec nous il n’en reste que l’aspect souvenir et symbole que nous traînons avec nous tout le long de notre vie ; ce long voyage qui s’inscrit dans la ronde éternelle des jours jusqu’au moment de quitter le rêve.
Si l’éternité est le présent infini, la ronde des jours et des nuits, en est l’essence et il en est ainsi depuis toujours. Nous ne faisons qu’y entrer et sortir. Le temps qui nous est imparti de la naissance à la mort.
Pour le formel, je me suis servi justement de la ronde des  jours et des nuits pour imprimer sur la toile l’empreinte du temps en laissant ce dernier faire son œuvre, matérialisée par la rouille, obtenue par oxydation des métaux du à l’action de l’humidité nocturne et de l’air salin auxquels j’ajoute de temps à autre des pigments
La constante du cercle est la représentation symbolique du soleil et de la lune moteurs et témoin de la vie depuis  le commencement.
Les photographies qui ne sont plus que souvenirs sont projetées sur la toile stigmatisée par le  temps et dessinées avec la plus simple des matières dont puisse disposer un peintre la mine de plomb plus communément nommé crayon ordinaire.
La structure du rêve  en est la clef. Et dans le rêve tout est permis. L’espace n’a plus d’importance, seule la symbolique des objets contenus dans la surface trouve sa cohérence dans la cohabitation de l’atemporel et du temps.
Ainsi un arbre peut être aussi expressif qu’un Rembrandt et pousser sur la tête d’un personnage du voyage, du rêve, comme pour illustrer le fameux « nit ; nit ay garabam ». Sauf qu’en wolof le mot garab est à la fois l’arbre et le remède dépendant du contexte. Ou « c’est la légèreté du chapeau qui permet sa cohabitation avec la tête » de Kocc Barma ; mon « guide » de voyage. En hommage il trône avec ses quatre touffes sur une alluwa toujours peinte des trois couleurs noir blanc et rouge symbole d’une certaine spiritualité typiquement africaine et du sahel musulman à 85 pour cent, 10 pour cent chrétien, 5 pour cent animiste, mais 100 pour cent animiste.
La répétition n’en est pas une puisqu’elle est polysémique et l’apophtegme en est le fondement.  A regarder avec les yeux d’enfant et comprendre avec les yeux du cœur, de l’intuition qui nous caractérise.
Kamoya est la troisième partie de l’ensemble du concept “Carnets de voyage”,  et est composé de trois phases des neuf cycles de sept ans de la vie,  selon Amadou Hampâté Bâ 
Les souvenirs d’enfance sous-tendus par le carnet de  famille qui se superpose avec les mythes et légendes de la communauté villageoise.
Les années d’apprentissage à la vie communautaire et à l’initiation comme on dit par chez nous; l’ouverture du troisième oeil; l’adolescence en faite.
Enfin les années de jeune adulte. 

Ismaïla  Manga Mansata 2007

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