Chris Issifou Issa est ce peintre togolais qui expose depuis le 11 août à la galerie Léopold Sédar Senghor du Village des Arts (route de l’aéroport, prés du stade) 46 tableaux, (huile sur toile) retraçant des scènes de vie quotidienne africaine.
C’est un talent pur que le commissaire d’exposition Oumar Diack vient de découvrir avec le peintre togolais Chris Issifou Issa. Oumar Diack s’est d’ailleurs empressé de le faire figurer dans sa galerie virtuelle sur le site www.typicartsgallery.com. Mais on peut encore voir les toiles de ce jeune peintre prometteur à la galerie du Village des Arts.
A trente ans et un honorable parcours de peintre autodidacte, Chris Issa est parvenu à une certaine maîtrise en matière de peinture.
Il travaille méticuleusement ses toiles et configure des scènes africaines assez communes : le littoral et ses plages, les pêcheurs, les marchés, les femmes au travail, les musiciens, la vie en société à travers les capitales africaines de Lomé à Cotonou et de Ouagadougou à Dakar.
Les scènes ne sont pas banales cependant parce qu’on les redécouvre avec un intérêt renouvelé sous le style impressionniste de Chris Issa. La couleur joue un rôle fondamental pour mettre de la vie dans ces compositions et donne une charge plus réaliste aux tableaux de Chris. Passionné de dessin depuis son jeune âge, c’est en clase de 4e secondaire qu’il a commencé à peindre. Aprés un bac (bac G2), Chris séjourne au Ghana sans pouvoir achever son projet aux Beaux Arts, il tâte un peu les sciences juridiques ; les perturbations scolaires cycliques le convainquent de s’ancrer davantage dans sa passion pour la peinture. Il côtoie quelques temps le célèbre peintre et musicien togolais, Jimmy Hope qui le conseille. Aujourd’hui, avec le recul, Chris affiche une petite satisfaction : « c’était important pour moi de m’instruire sur l’histoire, les techniques, les compositions, les couleurs, pour parfaire ma formation. Je n’ai pas eu l’opportunité de faire les Beaux arts, mais je ne regrette pas le parcours que j’ai emprunté puisque je commence à aimer ce que je fais. Je continue néanmoins mes recherches, j’estime que c’est un parcours qui ne finit jamais dans la création artistique ».
Arrivé depuis quelques semaines au Sénégal, Chris Issa Issifou est actuellement en résidence au Village des Arts de Dakar. Il fait partie de ces jeunes artistes du continent qui veulent affirmer d’emblée leur africanité avant même de décliner leur propre nationalité.
Une revendication légitime et qui est parfaitement dans l’air de ce temps de renouveau du sentiment panafricaniste.
Le travail qu’il présente vaut le détour quisqu’il est le fruit d’un long et patient labeur qui aspire tout le temps à un idéal de perfection auquel on lui souhaite de se rapprocher.
Jean PIRES